Importer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
I.
XIV e siècle. Emprunté du latin importare, « porter dans ».
1. Faire entrer dans un pays des productions étrangères, à des fins commerciales, industrielles, etc. ; acheter à l'étranger, faire venir d'ailleurs. Ce commerçant importe tels produits exotiques. Ce pays doit
2. Par ext. Introduire, implanter en faisant venir d'ailleurs. Importer une industrie, un mode de fabrication. Importer de la main-d'œuvre. Fig. Importer des mots étrangers. Une mode importée d'Amérique.
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Commerce
Apporter, introduire dans un pays des productions étrangères. "Importer des marchandises dans un pays." Par analogie, "Importer une industrie,
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
(Il n'est d'usage qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes.) Être d'importance, de conséquence en parlant des Choses. "Cela ne lui importe en rien. En quoi cela peut-il lui
Il s'emploie dans un grand nombre de phrases, la plupart négatives ou interrogatives, qui servent à marquer l'Indifférence que l'on a ou que l'on doit avoir pour quelque chose, le peu de cas que l'on en fait ou que l'on doit en faire. "Qu'importe la puissance, la gloire, si elle ne rend point heureux? Il importe" "peu, peu importe que ce soit vous ou lui. Que ce soit eux ou vous, il n'importe, peu importe, n'importe. Que lui importe que cela soit ou ne soit pas? N'importe comment. Peu importe sur qui tombera le sort. J'y périrai, n'importe. Il refuse : qu'importe? Il n'est pas satisfait : que m'importe? que t'importe? que nous importe?"
"N'importe qui, n'importe lequel, n'importe quoi," Une personne quelconque, une chose quelconque. "N'importe quel," pronoms et adjectifs composés indéfinis. "Il m'a répondu n'importe quoi. Adressez-vous à n'importe qui. Prenez n'importe quel roman dans ma bibliothèque pour vous distraire. N'importe où, n'importe comment, n'importe quand," Dans un lieu, d'une façon, dans un temps quelconque, locutions adverbiales indéfinies. "J'irai n'importe où passer mes vacances. Je partirai n'importe quand."
1ère définition d'Emile Littré
| Verbe |
1 Terme de commerce. Introduire dans un pays des productions étrangères, une industrie créée à l'étranger, etc. Cette industrie fut importée en France par un tel.
VOLT.: « Si on vendait le feu et l'eau, il devrait être permis de les
RAYNAL: « Les Hambourgeois et même les Hollandais avaient contracté l'habitude de fréter les vaisseaux de ces étrangers, pour
Absolument.
BLANQUI: « Ne valait-il pas mieux
2 Fig. Introduire dans une langue un mot étranger. Le commerce et l'industrie importent journellement des expressions étrangères ; c'est ainsi que la navigation à la vapeur a importé le verbe stopper, arrêter la machine d'un navire.
Il se dit aussi d'une maladie introduite. Les vaisseaux importèrent la peste en cette ville.
3 S'importer, v. réfl. Être importé. Ces marchandises ne s'importent guère en France.
ÉTYMOLOGIE
Lat. importare, de in, dans, et portare, porter.
2ème définition d'Emile Littré
| Verbe |
1 Être important, être de conséquence.
CORN.: « Et mon trépas importe à votre sûreté »
ROTR.: « Je suis prince et chrétien de qui l'exemple importe »
LA FONT.: « Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte ; Et, si quelque affaire t'importe, Ne la fais pas par procureur »
RAC.: « Allez, cet ordre importe au salut de l'empire »
VOLT.: « Tout m'importe, et de tout je suis en défiance »
2 Importer de, avoir l'importance de, y aller de.
CORN.: « En matière d'État, ne fût-ce qu'un atome, Sa perte quelquefois importe d'un royaume »
Sent. de l'Acad. sur le Cid: L'on pouvait reprocher à Fernand avec beaucoup de justice, qu'il savait mal garder ses places, de négliger ainsi les bons avis qui lui étaient donnés, et de prendre le parti le moins assuré dans une nouvelle qui ne lui importait pas moins que de sa ruine
ARN.: « D'où vient donc qu'il aurait attendu si tard à donner un avis qui importait à son roi de la conservation de sa vie ! »
REGNARD: « Il avait, disait-il, un procès qui lui importait de dix mille francs »
3 Il se prend aussi comme verbe impersonnel.
CORN.: « Quand l'effet est certain, il n'importe des causes »
LA FONT.: « Il importe si bien, que de tous vos repas Je ne veux en aucune sorte »
PASC.: « Mais il n'importe ; car vous ne voulez vous servir longtemps de ce raisonnement »
BOSSUET: « Dans une vie si égale il n'importe pas à cette princesse où la mort frappe : on n'y voit point d'endroit faible par où elle pût craindre d'être surprise »
BOSSUET: « Et, le remplissant [Satan] de fiel et d'amertune contre nous, elle [l'envie] le contraint d'avoir recours à la fraude, à la tromperie, à ses artifices malicieux ; il ne lui importe pas pourvu qu'il nous perde »
MONTESQ.: « Il ne lui importait quelles moeurs eussent ces peuples »
J. J. ROUSS.: « Un chrétien pour eux est un homme qui va au prêche tous les dimanches : quoi qu'il fasse dans l'intervalle, il n'importe pas »
RAYNAL: « C'est au temps à révéler ce qu'il
4 Importer, s'emploie dans plusieurs locutions négatives ou interrogatives, ou avec peu, pour exprimer l'indifférence qu'on a, le peu de cas qu'on fait.
CORN.: « N'importe, servons-la, méritons son amour »
CORN.: « Épousez ou Didyme ou Cléante ou quelque autre, Ne m'importe pas qui, mon choix suivra le vôtre »
SÉV.: « La pensée du peu de place que nous tenons dans ce grand univers, et combien il importe peu, à la fin du monde, qu'il y ait eu un comte de Bussy heureux ou malheureux »
BOSSUET: « Il vient, dit-il [Jésus-Christ], comme un voleur.... comme un voleur, direz-vous, indigne comparaison ! n'importe qu'elle soit indigne de lui, pourvu qu'elle nous effraye et qu'en nous effrayant elle nous sauve »
BOURDAL.: « Qu'importe que vous puissiez vous en servir, si vous ne vous en servez pas ? »
RAC.: « Que m'importe, seigneur, sa haine ou sa tendresse ? »
VOLT.: « Qu'importe sa pitié, sa joie et sa vengeance ? »
VOLT.: « Qu'importe, leur dit-il, que Derar soit pris ou mort ? Dieu est vivant et vous regarde, combattez »
J. J. ROUSS.: « Plusieurs d'entre eux ne voulaient que faire un livre, n'importait quel, pourvu qu'il fût accueilli »
J. J. ROUSS.: « Espérant que vos lettres continueront à me parvenir.... ayant peut-être été ouvertes, mais n'importe pas, pourvu qu'elles parviennent »
Qu'importe, n'importe, avec la préposition de.
CORN.: « Et qu'importe, après tout, d'une autre ou d'Aristie ? »
CORN.: « Et qu'importe à tous deux de Rome et de l'État ? »
CORN.: « Qu'importe de mon coeur si je fais mon devoir ? »
BOSSUET: « Terre, ne couvre pas mon sang, disait Job ; mais qu'importe du sang de Job ? »
RAC.: « Et que m'importe, hélas ! de ces vains ornements ? »
LAMOTTE: « Deux voyageurs, n'importe de leur nom, Chemin faisant dans les champs d'Arabie »
BARON: « Pourvu qu'on ait la conscience nette, qu'importe des discours ? »
MONTESQ.: « Si, en général, le caractère est bon, qu'importe de quelques défauts qui s'y trouvent ? »
REMARQUE
Il faut employer de avec l'infinitif quand le second verbe se rapporte au régime : Il importe à votre frère de partir ; mais, quand le second verbe ne se rapporte pas au régime, il faut mettre que avec le subjonctif : Il importe à votre frère que vous partiez.
HISTORIQUE
XVIème siècle
LANOUE: « Le plus ordinaire moyen qu'on suit pour cet effect est d'assieger places qui importent »
D'AUB.: « Il leur fit sentir desir de parler au roi à part pour chose qui l'importoit »
CARLOIX: « Une entreprise qui importe la conqueste d'une province »
Sat. Mén. p. 184: Après qu'ils ont travaillé aux affaires serieuses qui importent notre repos
MONT.: « Qu'importe que nous tordons nos bras, pourvu que nous ne tordons pas nos pensées ? »
Lett. miss. de Henri IV, t. III, p. 382: J'ay recogneu, estant sur le lieu, que ma venue n'importoit rien moins que la conservation de ceste armée à mon service
ÉTYMOLOGIE
Lat. importare, porter dans, de in, en, et portare, porter. Si l'on suit l'historique, on voit comment
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
T. de Commerce. Apporter, introduire dans un pays des productions étrangères, une industrie créée à l'étranger, etc. "Importer des marchandises dans un pays. Cette industrie fut importée en France par un tel."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
(Il n'est d'usage qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes.) Être d'importance, de conséquence. "Cela ne lui importe en rien. En quoi cela peut-il lui
Il se prend aussi comme verbe impersonnel. "Il importe pour la sûreté publique, à la sûreté publique. Il lui importe beaucoup de faire ce voyage. Il m'importait que vous fussiez présent."
Il s'emploie dans un grand nombre de phrases, la plupart négatives ou interrogatives, qui servent à marquer L'indifférence que l'on a ou que l'on doit avoir pour quelque chose, le peu de cas que l'on en fait ou que l'on en doit faire. "Qu'importe la puissance, la gloire, si elle ne rend point heureux? Qu'importent des critiques injustes, de mauvaises plaisanteries? Il importe peu, peu importe que ce soit vous ou lui. Que ce soit eux ou vous, il n'importe, peu importe, n'importe. Que lui importe que cela soit ou ne soit pas? Qu'importe de son amour ou de sa haine? Qu'importe du beau ou du mauvais temps? N'importe qui, n'importe quoi, n'importe lequel, etc. N'importe par quel moyen. N'importe comment. Peu importe sur qui tombera le sort. J'y périrai, n'importe. Il refuse: qu'importe? Il n'est pas satisfait: que m'importe? que t'importe? que nous importe?"
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Se dit aussi dans le même sens.
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Il n'est d'usage qu'à l'infinitif, et aux troisièmes personnes du verbe. Être d'importance, de conséquence. "Cela ne lui peut
On dit absolum. "N'importe, qu'importe? " et cela se dit pour marquer qu'On ne se soucie point de la chose dont il s'agit.
On dit aussi, "Qu'importent les richesses, les honneurs?" pour dire, De quoi importent, de quelle importance sont les richesses, les honneurs? On dit encore: "Qu'importe de son amour ou de sa haine? Qu'importe du beau ou du mauvais temps? Qu'importe du bouilli ou du rôti?"
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Se dit aussi dans le même sens.
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
qui n'a d'usage qu'à l'infinitif, & aux troisièmes personnes du verbe Être de conséquence. "Cela ne lui peut
On dit absolument, "N'importe, qu'importe?" & cela se dit pour marquer qu'On ne se soucie point de la chose dont il s'agit.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
impersonnel. Estre de consequence, estre avantageux. "Cela ne luy peut
On dit aussi absolument, pour montrer qu'on ne se soucie pas de quelque chose qu'on dit ou qu'on fait, "N'importe, que m'importe, qu'importe-il? cet homme nous a quittez, qu'importe? qu'il vienne, ou qu'il ne vienne pas, n'importe".
Emplacement dans le dictionnaire :
| impopulariser impopularité import importable importance important importateur | importation importé importun importuné importunément importuner | importunité imposable imposant imposé imposee imposer imposeur |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de DESTUTT DE TRACY (Commentaire sur l'Esprit des Lois de Montesquieu)...est celui qui consiste à exporter toutes les denrées et marchandises dont on n'a pas besoin, que, sans ce commerce, on n'aurait aucun intérêt à produire, et qu'assurément on ne produirait pas ; et à importer toutes celles dont on manque absolument, ou qu'on ne pourrait se procurer chez soi que beaucoup plus chèrement. C'est ce commerce qui a lieu le plus ordinairement entre les nations. Les autres, dont...
Citation n°2 de Louis de BONALD (Essai analytique sur les lois naturelles de l'ordre social, ou Du pouvoir, du ministre et du sujet d)
...de pouvoir est certaine même dans les états populaires, aristocratiques ou démocratiques ; car c'est au fond le même gouvernement. Le nombre des hommes qui prétendent au pouvoir ou l'exercent, peut importer beaucoup à la tranquillité d'un état, mais il ne change rien à la nature de sa constitution. J'ai honte d'énoncer une verité aussi simple : mais à travers toutes les formes dont se compose la...
Citation n°3 de Jean-Baptiste SAY (Traité d'économie politique)
...amène des retours, son importation ne leur fait rien gagner. En effet, on ne peut faire entrer du numéraire sans l'avoir acheté par une valeur équivalente, et il a fallu exporter celle-ci pour importer l'autre. On dit à ce sujet que si l'on envoie à l'étranger des marchandises au lieu de numéraire, on procure par là à ces marchandises un débouché qui fait gagner à leurs producteurs les profits de...
Citation n°4 de Jean-Baptiste SAY (Traité d'économie politique)
...c'est une marchandise plus durable. Il a besoin, non d'une marchandise durable, mais de celle qui, périssant dans sa cuve, doit bientôt reparaître dans la teinture de ses étoffes. S'il ne fallait importer que la portion la plus durable des capitaux productifs, d'autres objets très-durables, le fer, les pierres, devraient partager cette faveur avec l'argent et l'or. Ce qu'il importe de voir durer, ce...
Citation n°5 de Jean-Baptiste SAY (Traité d'économie politique)
...un profit, un intérêt, que lorsque ces formes changent perpétuellement ; et vouloir le conserver en argent, ce serait le condamner à être improductif. Après avoir montré qu'il n'y a aucun avantage à importer de l'or et de l'argent préférablement à toute autre marchandise, j'irai plus loin, et je dirai que, dans la supposition où il serait désirable qu'on obtînt constamment une balance en numéraire, il...
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